[Accueil] [La tradition familiale] [Georges Turgot, curé] [Origine du nom Turgot] [Généalogie des Turgot]
[Les Tourailles] [Jean de la Fontenelle] [Les blasons] [Adhésion à la Réforme] [Eglise protestante Frênes]
[Faillite d'un commerçant] [Les soldats] [Confesseur de la foi] [les familles alliées] [Liens & questions]

Les Tourailles

 

L'ancienne église des Tourailles (canton d'Athis, Orne) remonterait au 11 ou 12ème siécle. Foucher des Tourailles donna l'église au chapitre de Sées en 1208. On y vénérait la Vierge Marie, sous le nom de Notre-Dame de la Recouvrance, depuis le 9ème siècle. Le pélerinage pour invoquer la Vierge acquit une telle célébrité à la fin du 16ème siècle, lorsque Georges Turgot en était le curé, que les fidèles et les prêtres venaient quelquefois de trés loin. Henri IV qui faisait le siège de Falaise, encore protestant, vint en 1590 y prier pour demander la pacification du royaume. Les chroniqueurs rapportent que la plus remarquable faveur miraculeuse obtenue en ce sanctuaire est la naissance en 1601, à la suite d'un voeu de ses parents qui ne pouvaient pas avoir d'enfants, de celui qui devint saint Jean Eudes, fondateur de séminaires et de congrégations religieuses.               

L'ancienne église (53 ko)

Claude Turgot, comblé d'honneurs par Louis XIII pour avoir tué en 1621 le chef huguenot, Antoine de Montchrestien, dramaturge et économiste de renom, se montra reconnaissant envers Notre-Dame de la Recouvrance. Il fit construire la chapelle attenante, "prosche et contre l'un des costés de l'église" (transept gauche) par testament du 4 février 1653 et fonda une messe basse à dire chaque semaine dans la chapelle "faite bastir par le dit testateur" et deux services par an. Il déclara vouloir être "inhumé au sépulchre de ses prédécesseurs, dans le Sancta Sanctorum ou chanceau de son église paroissiale". C'est dans ce nouvel édifice, construit de poteaux à claires-voies que pendant deux cent cinquante ans, tout le pays viendra prier la Vierge.

Les pèlerins au 17ème siècle étaient si nombreux qu'ils gênaient les habitants des Tourailles pour la célébration des offices. Ils étaient évalués à environ 15.000 à la fin du 19ème siècle. Devenue trop petite et vétuste, l'église fut remplacée par une basilique. Les travaux commencèrent en 1895. L'antique église fut démolie en juin 1903, après les fêtes d'inauguration de la nouvelle. Une croix de pierre de 1643, plantée au milieu de la pelouse est le seul vestige de l'ancien cimetière qui entourait l'église.

 

La Vierge du 14ème siécle (46 ko)

La statue de Notre-Dame de la Recouvrance, qu'on pouvait voir dans l'ancienne chapelle daterait du 14ème siècle. La tradition rapporte que la statue de la Vierge fut retrouvée miraculeusement par une brebis, dans les rochers de Sainte-Honorine-la-Guillaume. Elle fut brisée à la Révolution de 1789 et les morceaux furent cachés dans le cimetière. Les têtes, le bras droit de la Vierge, celui de l'enfant Jésus disparurent dans la tourmente. Réparée sommairement, on habilla la statue, à la mode des madones italiennes, pour cacher ses cicatrices, et c'est sous cet aspect qu'elle reçut, au cours du 19ème siécle, les hommages des dévots. La statue que l'on peut voir dans l'actuelle basilique est l'oeuvre du sculpteur parisien Joseph Lefévre. La translation de la nouvelle statue eut lieu le 2 juin 1903, elle fut couronnée le 17 août 1939 ("Notre-Dame de la Recouvrance, aux Tourailles (Orne) - Notice sur le Pélerinage", 1888 - "Les Tourailles Dix siècles de Pèlerinage à Notre-Dame de la Recouvrance",  par E. Béchet et C. Roger, éd. 1972).

Cliquez sur les images pour les agrandir

        

Le château, situé à un kilomètre du bourg, remonte au moins au 12ème siècle. Rebâti à différentes époques sur le même emplacement, il a subi de nombreuses transformations. Le fief des Tourailles entra dans la famille Turgot en 1445 par le mariage de Philippine Bertran avec Jehan Turgot. C'était un plein fief de haubert qui relevait de la seigneurie de la Carneille envers laquelle il était tenu a quinze livres de rentes laquelle seigneurie relevait du Comté d'Harcourt. Le château, tel qu'il existe aujourd'hui, est en grande partie moderne; mais l'arrière du château présente un intéressant spécimen de l'architecture du moyen âge.

Façade arrière du château (39ko)

Façade principale du château (74 ko)

Un aveu de 1734 nous apprend que «Les maisons dudit manoir consistent en salles, chambres, cuisines, offices, boulangeries, écuries, greniers, tours, un gros pavillon, deux autres pavillons faisant les deux carrés de la cour, dans l'un desquels il y a une chapelle où l'on a toujours célébré la messe pour la famille des seigneurs et dames du lieu ; deux jets d'eau d'une belle hauteur existent dans la cour dudit manoir, close tout autour de murs et de douves. Sur lesquelles douves il y a trois ponts-levis, l'un du côté de l'avenue, qui est le grand pont pour sortir le carrosse ; l'autre du côté de la prairie; le troisième pour entrée du jardin et fruitier du manoir, partagé de plusieurs allées, et dans le milieu duquel il y a un jet d'eau d'environ quinze pieds de hauteur; un grand berceau et des salles vertes au bout d'iceluy, qui servait de promenade; et à côté il y a aussi une maison qui sert ordinairement d'orangerie, et le tout entouré de douves et fossés, dans lesquels il y a toujours du poisson. Il y a dans le parc une grande maison servant de manège à dresser les chevaux». A cette description, M. Gustave de Vaudichon ajoute : «Le château des Tourailles est entouré d'herbages bordés de sapins, de chênes et de hêtres. Elevé sur le plateau qui s'incline vers le vallon du bourg des Tourailles, il domine de ses toits aigus les cotés boisés de Sainte-Honorine, de Crasménil, et la Rouvre, petite rivière tortueuse, semée d'îlots où tournent des moulins. Un large perron de granit, à double rampe, de vingt marches, donne accès au vestibule du premier étage ; d'anciens meubles en chêne sculpté, une panoplie, un escalier à balustrade en fer travaillé, en dissimulent la grandeur».

Mise à jour le 31 janvier 2003

[Accueil] [La tradition familiale] [Georges Turgot, curé] [Origine du nom Turgot] [Généalogie des Turgot]
[Les Tourailles] [Jean de la Fontenelle] [Les blasons] [Adhésion à la Réforme] [Eglise protestante Frênes]
[Faillite d'un commerçant] [Les soldats] [Confesseur de la foi] [les familles alliées] [Liens & questions]