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Soldats au service de la France

 

La liberté ou la mort

    La Constitution de 1791 proclame la liberté de culte

Jacques de la Fontenelle (Del 740), connu sous le sobriquet de "Jacquot de la Vendée", fils de Jacques et d'Anne Thoury, est né le 12.03.1768. Il était tisserand sergé. Jeune, c'était un garçon plutôt malhonnête, provocateur, frondeur, coléreux et violent. Il était encore mineur lorsqu'il fut poursuivit en 1787 devant la Haute-Justice de Fresnes pour avoir injurié Vincent Buffard. Comme il n'était pas majeur, c'est son père qui fut condamné. En 1789 c'est son père qui le fit poursuivre pour le faire "condamner par corps à restituer" l'objet d'un délit à M. Lesueur.

Il se livra à d'autres délits durant les troubles de la période révolutionnaire. Le 10 octobre 1790, des miliciens républicains s'approchèrent du château de La Corderie, sis à Fresnes qui appartenait à Louis Bertrand Jean Julien de Thoury, écuyer. Se sentant menacé, le seigneur de la Corderie tira de l'une des fenêtres de son château plusieurs coups de feu qui blessèrent quatre personnes. La Garde nationale de Frênes, secondée par les habitants de la paroisse et la Garde nationale de Tinchebray attaquèrent, en représailles, le château. Celui-ci fut séance tenante pillé, brûlé et détruit.

Jacques participa activement à la mise à sac. Des témoins affirment l'avoir vu faire des monceaux de tables, chaises et autres objets et de les briser ensuite avec une barre de fer, en disant voila "voilà comment il faut s'y prendre pour briser cela". On le vit mettre en morceaux les fenêtres du château avec un couteau à marc. Il emporta des linges, des draps, de la ferraille. Le lendemain de l'incendie, il alla boire chez Jean Boille, cabaretier et y distribua des chemises. Un jeune homme tenant des propos à l'avantage du sieur de la Corderie, eut pour effet de fâcher Jacques. Celui-ci voulut s'emparer de son fusil, mais il en fut empêché par des consommateurs. Il soutint qu'on avait bien fait de brûler le château, regrettait qu'on n'avait pas réussi à arrêter le châtelain et que s'il le tenait il lui ferait un mauvais parti. Les protestants étaient connus pour avoir des idées républicaines, à l'inverse des catholiques généralement royalistes. Jacques de la Fontenelle fut cependant un des seuls protestants, avec Jean Sorel, lieutenant des chasseurs de la Garde nationale de Fresnes et son frère, Jacques Sorel, capitaine des grenadiers à avoir participé de façon spectaculaire à la destruction du château. Ses démonstrations et proclamations antiroyalistes l'exposaient spécialement aux représailles des chouans. Après ces méfaits Jacques quitta le berceau familial.

On le retrouve au sud-ouest de l'Anjou, dans les Mauges ou Vendée angevine, sur la rive gauche de la Loire dans le district de Saint-Florent-le-Vieil (arrond. de Cholet, Maine-et-Loire) où éclata le 12 mars 1793, la révolte vendéenne. L'insurrection contre la conscription et les mesures anticléricales prises par la Première République s'empara des Mauges, de la Gâtine (Poitou), du Bocage et du Marais vendéen, régions dénommées la Vendée militaire.

Petite histoire des guerres de Vendée (illustration de R. F. Follet)
On devine que Jacques s'engagea ou fut requis dans l'armée républicaine, lorsque la Convention décréta (24 février et 23 août 1793), la levée en masse de soldats pour combattre les ennemis de l'extérieur (anglais, autrichiens et prussiens) et l'armée vendéenne catholique et royale coalisés contre la révolution française. Le soulèvement contre-révolutionnaire français fut réprimé par une terreur d'une violence inimaginable, qui, Bleus et Blancs confondus, aurait fait 500.000 morts. La première guerre vendéenne, qui fût particulièrement féroce en Vendée angevine, s'acheva en mai 1795.

 

Jacques fit connaissance à Montjean-sur-Loire (canton de Saint-Florent-le-Vieil) de Perrine BAUDOUIN, veuve de Guillaume BOURLIER, maçon, soldat républicain, tué à l'âge de 38 ans dans "un combat qui a eu lieu à Martigné-Briand entre les républicains et les brigands royalistes" (23 juillet 1793). Il l'épousa le 24 vendémiaire an VI (15.10.1797). A l'issue de la cérémonie, Jacques déclara que "Perrine Baudouin actuellement son épouse était accouchée d'un enfant femelle le 16 fructidor dernier auquel il a donné le prénom de Geneviève et que ledit enfant lui appartient comme né de son fait". Née à La Pommeraye (49) le 19.06.1771 + Montjean le 12.07.1853, Perrine Baudoin était la fille d'André et de Marie Garault. De son 1er mariage elle avait eu un fils: Jean Bourlier, tisserand sergé, né à Monjean en 1791, vivant en 1842. Six autres enfants naquirent à Montjean: Jacques (823), Marie (849), Sophie (850),Virginie (851), Jeanne (852) et Adolphe (853) qui reçurent probablement une éducation anticléricale déchristianisée. Jacques décéda à Montjean le 1er mai 1853 à l'âge de 85 ans. D'où descendance apparemment catholique à Montjean (Maine-et-Loire) et à Sandillon (Loiret).

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Louis de la Fontenelle (734), fils de Jean, sieur de La Vallée (624) et de Marie-Magdeleine Duchemin est né le 19.03.1776 + Rezé (Loire-Atlantique), à la Bourdonnière, le 23.02.1832, fit une carrière militaire. Il fut incorporé dans un régiment d'infanterie, le 8 sept.1792, à l'âge de 16 ans.

La bataille de Marengo (1800)
Il fit les campagnes à l'Armée du Rhin, en 1792 et 1793, celle des Côtes de l'Océan, dans les années II à VI, les campagnes d'Italie, années VIII et IX, des Côtes de l'Océan les années XII à XIV, 1806 et 1807, les campagnes du Portugal et d'Espagne, de 1807 à 1813. Il embarqua pour une expédition en Irlande le 18 thermidor an VI (5.08.1798) et fut fait prisonnier quelques semaines plus tard, le 25 fructidor (11.09.1798). Il fut libéré l'année suivante, pour Noël et revint en France le 3 nivôse an VIII (23.12.1799). Il fut blessé le 17 août 1808 et passa "pour mort à la suite de quelques blessures graves reçues par les insurgés, entre Valladolid et Soria", en Espagne. Ses plaies devaient être plus spectaculaires que graves, car à la fin de l'année suivante, il était "parfaitement rétabli". Il fut à nouveau blessé, le 18 août 1814 à la bataille d'Orthez.

Il fut nommé caporal, le 6 thermidor an IX (24.07.1801), sergent, le 11 vendémiaire an XII (2.10.1803), sous lieutenant, le 2.01.1809, lieutenant le 12.07.1812, capitaine, le 29.12.1813 , et nommé provisoirement, dans le 43 ème régiment de ligne.

Il prit sa retraite en 1815 et épousa le 26 avril de la même année, à Caen, Marie Aimée GAMBIER, née à Caen, le 17 floréal an IV + après 1835), fripière (1815), blanchisseuse (à Condé-sur-Noireau, en 1835), fille de Louis Pierre François, marchand fripier et de Marie Chauvin. Ils demeuraient à Caen en 1816 et 1820, 1, rue des Croisiers, et se retirèrent à La Bourdonnière, prés de Rezé (1832). Ils eurent trois enfants nés à Caen: Louis (819), Aline (820) et Louise (821).

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Jacques de la Fontenelle dit La Vallée (736), fils de Jean, sieur de la Vallée (624) et de Margueritte Boille. Né à Fresnes le 6.10.1780, cordonnier, domicilié à Caen, jusqu'à son entrée dans l'Armée.

La bataille d'Essling (1809)

Après avoir vendu, le 2 floréal an X (21.04.1802), à son oncle, Pierre de la Fontenelle (629), les biens situés à la Mottinière, reçus en héritage, il épousa à Fresnes, le 24 messidor an X (12.07.1802), Marie PELLUET (Pel 505) née le 5.07.1777 + la Rivière, le 7.07.1846, propriétaire (1835), fileuse (1846), fille de Jean et de Catherine Buffard de qui il eut un garçon: Jean (822) qui épousera sa cousine Marie Aline Delafontenelle.

Il quitta le domicile familial après trois ans de mariage, s'engagea dans l'Armée napoléonienne et entra au 2 ème corps des Dragons le 14 thermidor an XIII (2.08.1805). Il fit les campagnes en Europe, du 1 er janvier 1806 au 12 juillet 1807, de 1808, 1809 et 1810. Il fut blessé à la main gauche, "d'un coup de feu qui après avoir traversé l'avant bras a détruit l'usage des trois derniers doigts de la dite main gauche". Il fut promu brigadier le 26 mars 1811 et demanda, en raison de sa blessure qui laissa "une cicatrice sur la face postérieure du métacarpe" sa mise en retraite le 29 avril 1811. En 1815, il résidait à Caen, rue Cades, vivant de sa retraite de soldat avec une solde de 227 francs (1811).

Il aurait ensuite émigré au Brésil. Elise Amand nous a laissé ce témoignage: "il abandonna femme et enfant pour courir le monde longtemps. Il fut impossible de savoir où il était lorsqu'un jour (son) fils qui était sous les drapeaux, en qualité de mécanicien de la Marine, fit le tour du monde. A Rio de Janiero, il entendit parler d'un français qui habitait à quelques lieues de la ville. Il reconnut en lui son père. Ensemble, ils exploitèrent un moulin à riz".

Restée seule, sa femme revint vivre à Fresnes. Elle fit constater par un jugement rendu le 31.12.1829, par le Tribunal d'Instance de Domfront, l'absence de son mari depuis environ 25 ans.

Mise à jour le 14 mars 2002