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Origine du nom Turgot

 

 

Cartographie de la Normandie

Suivant une tradition bien établie, mais non fondée, les Turgot se seraient fixés en Bretagne à Château-Turgot-les-Jugons. Cette thèse est contredite par le directeur des services des Archives Départementales des Côtes-du-Nord: «la présence d'hermines dans les armes des Turgot aura été suffisante à un généalogiste pour supposer une origine bretonne, et il aura baptisé Château-Turgot le château de Jugon, pour les besoins de sa théorie». Ce château-Turgot-les-Jugons n'a existé que dans l'esprit des généalogistes plus soucieux d'auréoler les familles nobles que de vérité historique.

L'étymologie du mot TURGOT révèle l'origine de cette famille. Turgot vient du vieux norrois ou vieux nordique, «Þorgautr» ou «Þorgotr» qui a donné naissance aux formes, «Þorgoð», «Torgot» et «Turgot». «Þorr», «Þor», «Þur» sont les orthographes anciennes du dieu scandinave «Thor» ou «Tor». «Gautr», «Gotr», «God» ou «Goth» signifient Dieu.

Comme l'écrivait Condorcet, dans la «Vie de Turgot», «ce nom signifie le Dieu Thor (Thor Gott) dans la langue (des) conquérants du Nord». Thor ou Tor, fils d'Odin et de Jord était le dieu du Tonnerre, des Eclairs et des Pluies bienfaisantes. C'était le colosse populaire, insatiable convive et bon vivant.

Les Turgot étaient donc normands, et normands dans le vrai sens du mot. C'étaient des «norman», de la race scandinave, comme Rollon, Ier duc de Normandie (911-927) et ses compagnons avec qui ils ont passé les mers au temps des conquêtes Vikings.

S'il faut en croire la «Biographie Universelle» de Michaud l'ancienneté de cette famille serait telle qu'elle compterait parmi ses aïeux le roi Togut, qui aurait régné sur le Danemark plus de mille ans avant notre ère.

Certains biographes affirment que cette famille se serait établie, lors des conquêtes scandinaves, en Ecosse et qu'elle aurait compté comme principale illustration, saint Turgot, né vers 1045, décédé en 1115. «Ayant embrassé la vie monastique, il devient abbé du monastère de Dunelm et gagna la confiance du roi Malcom III qui le nomma son premier ministre et évêque de Saint-André. C'était un homme plein de caractère, de courage et d'éloquence (…). Turgot a été canonisé. Sa fête se célèbre le 22 septembre».

Ce serait au temps des Croisades qu'une branche de cette famille s'est fixée en Basse-Normandie. On trouve mention de quelques Turgot dans les chartes de l'abbaye d'Aunay-sur-Odon, située dans le Bocage normand, dont l'un, Roger Turgot vendit en 1282 une rente à Longvillers. Le sceau «trop effacé pour qu'on puisse le dessiner» ne prouve pas que ce Roger fût noble. Ne l'était pas en tout cas, Guillaume Turgot, dont Raoul Guillebert de Longvillers donna, sans doute vers 1200, le tènement, à l'abbaye d'Aunay, ainsi que diverses redevances que Guillaume lui faisait. Par contre, c'est au titre de chevalier que «Richardus Torgot vel Tourgot» participa à l'expédition de Foix en 1272, en tant que détenteur «ejus participes» d'un fief entier («feodum integrum») situé dans le baillage de Coutances.

C'est à la fin du 13ème siècle qu'on retrouve trace à la Bionnière, paroisse de Tinchebray (Orne) dans le Bocage normand, de l'ancêtre le plus éloigné de Georges TURGOT, nommé Jehan TURGOT, sieur de la Bionnière. Il épousa Laurence PICHARD. Leur fils Philippe TURGOT, sieur de la Bionnière s'établit vers 1309 à Condé-sur-Noireau (Calvados) et épousa Laurence de la PIERRE, avec qui il fonda vers 1330, l'hôpital de Condé qu'ils dotèrent généreusement. L'hôpital porta leurs armes jusqu'au 15 ème siècle. Les TURGOT fourniront à l'Armée, à l'Eglise et à la Magistrature des personnages distingués.

Mise à jour le 03 févr. 2003